Rêve de voyages, Rêve d’enfance : l’Orient-Express

Publié le par Pimprenelle la fée voyageuse

Dans la famille « Je réalise mes rêves d’enfance », je demande à approcher Agatha Christie. Un truc incroyable… ! Pendant des années, adolescente, j’ai dévoré la quasi-totalité de ses livres (son univers So British et ses personnages tous plus policés et mystérieux les uns que les autres me passionnaient). Et voici qu’arrivée à l’âge adulte, je me trouve à bord du train qui a inspiré son roman « Le Crime de l’Orient-Express » : LE fameux Orient-Express (de son vrai nom, le Venice Simplon-Orient-Express). 

                 
 

Le mythe devient réalité ce jeudi soir inoubliable, à Paris, Gare de l’Est, direction Venise. Les voitures bleues sont bien là, devant moi. Le manteau très chic enveloppé de Shalimar ( link ) qui me frôle me confirme que je ne rêve pas : il s’agit bien du train d’Agatha Christie ! Une hôtesse me donne mon sésame pour le rêve, le billet qui me permet de monter à bord, chose que je m’apprête à faire seule, d’une enjambée peu élégante pour atteindre la marche - assez haute il faut le dire – du train. Je suis donc sur le point de me ridiculiser lorsque qu’une main gantée de blanc m’invite à prendre appui sur elle ; c’est Andrew, l’un des stewarts du train. Andrew m’accompagne jusqu’à ma cabine où je crois rêver : du bois verni de haut en bas, une banquette recouverte de tissu fleurdelysé et le moindre détail qui renvoit au passé : de la petite lampe et sa jupe rose poudrée à l’interrupteur en laiton, du lavabo et ses robinets fonctionnant par pression manuelle aux serviettes de toilette portant les lettres du train…

Les premiers frissons d’émotion qui suivent sont ceux que produisent les secousses du train, à son départ. Ca y est, Agatha, nous y sommes ! Maintenant, c’est une voix résonnant dans le haut-parleur de ma cabine qui me rappelle que tout cela est bien réel. C’est en fait l’annonce du service du dîner qui commence dans une demi-heure.

L’agent de voyage m’avait prévenue : « Pas de jean ni de basket à bord. Pour le dîner, c’est robe de soirée pour mesdames et costume sombre pour messieurs ». Je libère donc de son bagage la petite robe de cocktail Pronovias ( link ) que j’ai dû porter deux fois dans ma vie et, l’espace de vingt minutes, je me prends pour une princesse… Ou une diva. Peu importe, je suis à bord de l’Orient-Express et je décide d’adopter l’attitude qui va avec. La belle robe enfilée, le maquillage posé, les cheveux lissés, le parfum Max Mara ( link ) généreusement – trop ! – vaporisé, je suis prête pour aller dîner. En fait, j’ai surtout l’impression d’entrer en scène. Un peu le trac quand même. Pas grave. Je sors donc de ma cabine et croise des hommes et des femmes tout en nœuds papillons et robes de mousseline, le sourire discret et complice : ces gens semblent tous jouer un jeu. Oui, j’ai l’impression que nous sommes tous les acteurs d’une pièce de théâtre et que notre représentation commence dans quelques minutes, dans les voitures-restaurants.

Le restaurant ! Rien que du grand art, tant dans la décoration des voitures que dans la présentation des plats. Ce soir, je dîne dans la voiture Lalique ( link ) qui, pour la petite histoire, doit son nom au célèbre décorateur à l’origine des panneaux de verre couvrant les parois de cette voiture.
Enfoncée dans un imposant et ultra-confortable fauteuil bleu, face à une table aussi bien vêtue que chacun d’entre nous à bord, j’assiste au grand jeu déployé par les serveurs : d’un geste délicat, l’un déplie et pose une serviette sur mes genoux, tandis qu’un autre, à l’accent italien musical, s’enquière de l’eau que je souhaite boire. Ma réponse à peine donnée – eau pétillante, s’il vous plaît ! – un sceau rempli de glace et d’une bouteille de Badoit se tient déjà fièrement à côté de la table.
Tandis que je lis le menu du soir, les plats défilent à côté de moi, en direction des autres tables : tous plus magnifiquement présentés les uns que les autres. Du grand art, je vous le dis !Un, deux, trois, quatre… Non, ce n’est pas possible, je recompte : un, deux, trois et quatre… Quatre plats ! Suivis d’une assiette de fromages, d’un dessert et de mignardises pour accompagner le café ! Effectivement, la preuve quelques minutes plus tard lorsque, l’une après l’autre, les assiettes se posent devant moi. Heureusement, à l’instar d’un restaurant gastronomique, les portions restent raisonnables. La question que je me pose en voyant le premier plat arriver est de savoir si le Chef est un ancien élève des Beaux-Arts ? Le sculpteur Arman ( 
link ) aurait-il mieux fait dans ses célèbres accumulations ? Ce sont mes premières interrogations à la vue de cette merveille artistique appelée « La chartreuse de homard et sa brunoise de légumes à l’américaine ».
Après plusieurs secondes d’hésitation, je me décide à commettre le second crime de l’Orient-Express, à coups de fourchette. La victime était un délicieux homard. Trois autres crimes ont lieu ensuite : un Rôti de filet de bœuf mariné aux graines de moutarde, une Laitue braisée aux petits lardons et les Pommes de terre rôties.Le Soufflé glacé au Cointreau et la crème anglaise aux écorces d’oranges qui suivront n’auront qu’une très courte durée de vie.

Il est déjà 23 heures. Pour moi, ce sera donc une tisane au lieu d’un café. Ma petite robe de soirée me fait discrètement remarquer, au niveau de l’abdomen, qu’il ne me reste que très peu de place pour me laisser tenter par quelques-unes des appétissantes mignardises qu’apporte le serveur avec une tasse de Tilleul. J’accueille positivement le signal de ma robe et craque donc pour un tout petit - si petit ! - macaron au chocolat.

Avant de regagner ma cabine, je me laisse attirer par l’agréable tumulte de la voiture-bar. Des éclats de rire croisent des conversations dans toutes les langues, sur fond de musique jouée par le pianiste. Les couleurs qui habillent les verres de cocktail s’harmonisent à merveille avec les tenues chatoyantes et pailletées de ces dames. Il semblerait que mes amis acteurs se soient donné rendez-vous ici pour l’acte final. Je les laisse saluer leur public et enfile les couloirs jusqu’à ma cabine où – surprise ! – la banquette a été transformée en lit. Je retire ma robe de bal, fait une toilette de chat (et oui, nous voyageons comme Agatha à l’époque, sans cabine de douche) et me glisse sous l’épaisse couverture rose avant de fermer les paupières et me laisser bercer par le mouvement du train.

« Mademoiselle, c’est votre petit-déjeuner ! ». Andrew frappe à ma porte à l’heure exactement prévue du réveil demandé la veille. En quelques minutes, il fait disparaître le lit, ses oreillers et sa couverture pour laisser à nouveau place à la banquette. Puis il m’apporte un plateau composé de viennoiseries et de pains, de petits pots de confiture et de beurre, de jus d’oranges pressées, d’une coupelle de fruits frais et d’une grande cafetière.
Tandis que je me régale, le paysage qui défile derrière ma fenêtre est le plus beau des décors : une succession de montagnes verdoyantes, quelques chalets ici et là, des brebis et des vaches paissant tranquillement… Je viens de me réveiller et, pourtant, le rêve continue !

Je profite de cette matinée roulante à travers l’Autriche et la Suisse pour lire dans ma cabine, levant de temps à autre les yeux à la fenêtre pour ne rien manquer du voyage.

L’heure du déjeuner  approche et, comme la veille, le service du repas est annoncé dans le haut-parleur de ma cabine. Le dress-code n’est plus à la robe longue ni au smoking, mais on est quand même à bord de l’Orient-Express. Aussi, tout est prévu ! Ce midi, j’arbore la tenue classique féminine : jupe droite noire tombant sur les genoux, top crème au décolleté discret réhaussé d’un collier de petites perles blanches et cardigan noir, le tout signé Zara ( link ). Escarpins noirs évidemment. 
Aujourd’hui, ma table est réservée dans la voiture-restaurant Orientale. Elle porte si bien son nom avec sa décoration asiatique à la tonalité rouge sombre.
Le spectacle culinaire est à la hauteur des œuvres d’art que le Chef avait réalisées pour le précédent dîner.

L’après-midi, tandis que le train continue sa route jusqu’à Venise, je me sers de l’une des cartes postales offertes dans ma cabine pour envoyer quelques « bises de l’Orient-Express », lesquelles seront déposées dans la mailbox du train, sans timbre puisque le cachet ne sera pas celui de La Poste mais de…L’Orient-Express !

Il est 17 heures environ lorsque Andrew frappe à ma porte pour l’heure du thé. Un moment de grâce, je vous le dis ! Mon stewart préféré est venu avec un plateau en argent portant une ronde de pâtisseries et du café.
C’est accompagnée de ces gourmandises que mon voyage à bord de l’Orient-Express s’achève, en arrivant à Venise. Les canaux sont à quelques pas de la gare et nous pouvons les voir depuis le train. C’est tout simplement merveilleux !

La même main gantée qui m’avait accueillie à bord, en gare de l’Est, m’est à nouveau tendue pour quitter le décor de mon magnifique voyage. Et c’est maintenant Venise qui me tend les bras.
Alors oui, le rêve d’enfance a un coût : à peu près 1800 euros le voyage… Mais quel voyage ! Pour ceux et celles que l’aventure tenterait, il existe un site dédié à l’Orient-Express ( link )
Mais en me baladant sur le Net, j’ai trouvé une autre façon de voyager à bord, nettement moins chère mais surtout totalement virtuelle : un jeu vidéo sur PC à environ 15 euros, totalement inspiré du roman de mon  auteur préférée, où l’on se prend pour Hercule Poirot !
(
link
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Publié dans luxe

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Cathy 22/01/2010 16:51


Bonjour
Je pars dernière semaine de Mai 2010 pour un aller-retour avec entre deux,5 nuits à Venise ! Je suis terriblement exitée et votre description du voyage me rassure et j'ai très très envie d'y
être.
C'est une folie que mon mari et moi-même nous offrons. nous adorons l'époque, les "Hercule Poirot" d'Agatha, et mon mari est un passionné de trains de luxe.
Cette description du voyage est très très agréable à lire et très utile car les agences de voyages ne donnent pas autant de détails.
Merci 1000 fois
Cathy en Bretagne


Pimprenelle la fée voyageuse 24/06/2009 22:24

Merci à vous toutes pour ces commentaires. En fait, au-delà du rêve, c'est un voyage hors du temps : des stewarts en uniforme bleu, casquette et gants blancs, un maître d'hôtel en costume queue de pie... Autre chose qui ajoute à ce petit côté hors époque : il y a un endroit dans le train où les stewarts jettent régulièrement du charbon pour alimenter le chauffage (radiateurs et eau chaude) ! Bien sûr, il y a quand même l'électricité à bord !

Pimprenelle

Nane 20/06/2009 15:09

Oh ! Ca fait rêver ! pendant quelques instants, je me suis imginée à ta place ! ce doit être vraiment magique !

virjaja 05/05/2009 19:45

bonjour, et merci pour ce moment de rève!!! merci de t'etre inscrite a la communauté. a bientot. cathy

Géraldine 14/04/2009 19:32

Merci ma chère.
Honnêtement, ça me donne envie de vivre cette expérience.... J'espère en avoir l'occasion un jour pour te faire part de mon ressenti !
amitiés